Mots d’Etudiants : Emily Romero, Rice University

Restaurant parisien

Comment je suis devenue (un peu) parisienne

Je suis tombée amoureuse de ma routine du matin, les heures entre lesquelles je me réveille et où j’arrive dans les locaux de Sweet Briar pour mes cours d’orientation. Dans ce laps de temps, je peux donner l’impression (au moins, à mon avis) que je suis vraiment Parisienne, bien que je ne me sois installée ici que depuis deux semaines.

La routine charmante commence avec le petit-déjeuner ; je ne suis pas du tout une personne du matin avant d’avoir avalé mon café. J’ai adopté un petit-déjeuner bien parisien. Comme avant je buvais un café filtre en capsule de Kuerig, maintenant je bois un double expresso d’une machine Nespresso. J’ai abandonné les œufs brouillés, et je les ai remplacés par une baguette, des fruits frais, et un peu de yaourt. Je vérifie que je mets du beurre salé et pas du beurre doux sur mon pain ; bien sûr, comme tous les Français, on a les deux. Je prends mon temps et j’apprécie le petit repas, une expérience très lointaine de celle de Houston où je mange en même temps que je conduis.

Quand je marche vers le métro, je marche avec confiance. Je souris (en mon for intérieur- les Français ne sourient jamais dans le métro) aux touristes qui sont devant les plans, essayant de décrypter le système. Quand je m’assieds dans le train, j’ouvre immédiatement un livre. Comme beaucoup de Parisiens, je passe tout mon voyage à lire. Je cache la couverture du livre avec mes mains ; je ne veux pas que quelqu’un voie le titre en anglais et découvre mon secret. En arrivant à Raspail, mon arrêt, je repars avec la même confiance.

La familiarité de mon chemin à pied me plaît encore plus. Je connais tous les magasins que je vois : un café rempli d’étudiants français habillés en uniformes chics. Une boulangerie artisanale qui vend toutes les pâtisseries que je peux imaginer. Un restaurant de fruits de mer joliment décoré avec de l’eau qui tombe en cascades sur des panneaux de verre. Et entre eux, beaucoup, beaucoup d’hôtels. Cette promenade finit avec un atelier de restauration, où je m’arrête quelques secondes pour regarder les spécialistes qui travaillent sur un grand encadrement doré qui occupe toute la pièce. En tant qu’admiratrice de la conservation de l’art, c’est, pour moi, une manière parfaite de terminer la matinée.

Je sais que, si je pense plus à mes journées, la réalité n’est pas aussi idéale que je l’ai décrite. Quelquefois, le café filtre américain me manque, un style de café plus grand que je peux emporter pour me réchauffer les mains toute la matinée. Je ne suis pas une touriste dans le métro, mais j’utilise GoogleMaps chaque fois que je sors. A propos du plan de Paris, je ne peux pas même dire quels arrondissements touchent le mien. Sur ma route à pied jusqu’à Sweet Briar, il me semble que personne ne ramasse les excréments de leurs chiens. Et, de la même manière que les hôtels sont partout, la mauvaise odeur des eaux usées remplit aussi les rues.

Mais la réalité importe peu. Tout ce qui est mauvais contraste avec le bon côté que devient encore meilleur en comparaison. Les aspects positifs de ma routine sont ceux dont je vais me souvenir dans dix ans, quand je penserai à mes études à l’étranger. Comme je l’ai dit, il n’y a que deux semaines que je vis à Paris, et j’ai hâte de découvrir encore plus de routines que je pourrai apprécier pendant les mois à venir.

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